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AUX AMATEURS D’INSOLITE : DE LA F.°.M.°. STUARTISTE AU TRÉSOR DE JACQUES II

. Posted in Guy TARADE

Article écrit par Guy Tarade

 


Dans son superbe livre L’Histoire générale de la Franc-Maçonnerie ( Office du Livre ) Paul Naudon, évoquant la naissance du Rite Écossais Ancien Accepté, écrit:


Des auteurs français appuyés sur la tradition et des indices sérieux, pensent que la première Franc-Maçonnerie moderne implantée en France a été la Maçonnerie écossaise stuartiste et que cette introduction serait bien antérieure à la création en 1717, de la Grande Loge de Londres.. Elle serait concomitante à l’arrivée des Stuarts, réfugiés à Saint-Germain-en-Laye, et des régiments formés par des émigrés écossais, qui suivirent leur fortune et tentèrent de leur rendre le trône de Grande-Bretagne contre les Orange et les Hanovre, jusqu’au désastre de Culloden en 1746, en passant par la capitulation de Limerick en 1689.”


 


Nous touchons là à un point de l’histoire maçonnique qui mérite d’être étudiée en profondeur.


Avant tout, nous devons savoir que ce que nous entendons par Rite ( avec un grand R )


Un rite est une branche particulière de l’Ordre Maçonnique, c’est à dire de la Franc-Maçonnerie dans son ensemble, à distinguer bien sûr des Obédiences.


Marqué par une certaine vision de la Franc-Maçonnerie en tant qu’institution initiatique, un Rite est caractérisé par un ensemble spécifique de pratiques cérémonials, matérialisé par ses rituels. Comme on le sait, il existe de nombreux Rites.


Le R.°.E.°.A.°.A.°., c’est à dire l’écossisme pose bien des questions aux historiens, notamment sur ses origines supposées !


Il est issu du GUIDE DES MACONS ÉCOSSAIS, document publié en France entre 1806 et 1816, qui porte également le nom deCAHIERS DES TROIS GRADES SYMBOLIQUES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ACCEPTÉ.


 


La Franc-Maçonnerie issue du métier était basée sur les trois grades traditionnels d’apprenti, de compagnon et de maître.


Les Documents fondateurs de la Franc-Maçonnerie, nous apprennent en effet qu’il existait un rite en trois degrés.


 


 


Nous trouvons donc dans le manuscrit Graham la première indication formelle d’un rite en trois degrés qui se conclut par une élévation clairement décrite.


Avec la mention de la nécessité pour un maçon, d’avoir été “ reçu, passé puis élevé et confirmé “ par trois loges différentes. D’après Harry Carr, cette répartition en trois degrés a commencé vers la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle. Ceci nous encouragerait plutôt à penser que le manuscrit Graham rapporte des usages bien antérieurs à 1726. On peut dire que l’on assista là à l’éclosion du grade de maître; ce que nous distinguons de la fonction de maître de loge. La période de la fin du XVIIe siècle, comme moment de cette éclosion, est d’autant plus probable que le manuscrit du Trinity Collège, daté de 1711, précise que pour faire une loge “juste et parfaite “ il faut “ trois maîtres, trois compagnons et trois apprentis”. Ce manuscrit donne aussi un mot et un signe pour chacun des trois grades. Il y a donc bien un grade de maître et non une simple présidence à trois degrés dès 1711 au plus tard, même si par ailleurs on pratiquait au même moment, le système à deux degrés. C’est d’ailleurs avec un système à deux degrés que débute la Grande Loge de Londres en 1717.


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La Franc-Maçonnerie française apporta à cette structure une innovation considérable, celle des hauts grades. C’est le fait de l’écossisme.


 


Les loges écossaises implantées en France à la suite des Stuarts suivaient les anciens usages de la confrérie et furent les plus ardents à s’opposer aux changements apportés par la Grande Loge de Londres. C’est pourtant dans leur sein que naquirent les hauts grades, dont la prolifération considérable donna à la Franc-Maçonnerie une physionomie nouvelle. Leurs origines et les causes de leur création sont multiples et complexes. Le germe fut le grade de maître, que conféraient les maçons d’Écosse avec un rituel particulier , alors que les Anglais ne pratiquaient plus, dans une forme réduite, que les deux grades d’apprenti et de compagnon. De là naquit le désir de restituer à la Maçonnerie ce qu’elle avait perdu de la tradition. Le second objectif, né de la volonté du duc d’Antin, mise en oeuvre par le comte de Clermont, fut de régénérer l’Ordre qu’avait envahi une foule de Frères libertins, plus préoccupés de distractions frivoles et de banquets que de fins initiatiques. Les hautes grades permirent une sélection qualitative. Au cours du XVIIIe siècle s’ajoutèrent des motifs spirituels. Les hauts grades servirent de cadre à diverses formes de mysticisme et d’illuminisme, contre-courant du “ siècle des lumières “. Mais ils connurent à leur tour les excès : collation fallacieuse mais payante de titres chevaleresques de pacotille flattant les médiocrités vaniteuses, infiltrations politiques liées aux entreprises des Stuarts déchus, de Frédéric II en lutte contre la France, des Jésuite dont l’Ordre était condamné par le Roi et dissout par le pape.


Souvenons-nous que Charles Edouard Stuart, comte d’Albany, dit le Prétendant eut pour gouverneur le Chevalier Ramsay. Bien que son appartenance à la Franc-Maçonnerie ne soit pas établie, les Maçons écossais du XVIIIe siècle le reconnurent toujours comme leur Grand Maître. de nombreux diplômes maçonniques portent son nom. Il est certain qu’il se servit des loges maçonniques dans son entreprise politique pour reconquérir le trône d’Angleterre.


Un fait est certain, le point de départ doctrinal de l’écossisme est le célèbre Discours d’André-Michel de Ramsay composé en 1736-1737. Le Chevalier Ramsay était membre d’une noble famille d’Écosse. Après avoir erré d’une religion à l’autre, il connut Fénelon auprès de qui il vécut, et qui le fixa dans une voie définitive. Il se fit catholique, d’un catholicisme évangélique, profondément marqué par la foi de l’évêque de Cambrai.


Dans sonDiscours, Ramsay fait naître la Franc-Maçonnerie moderne en terre sainte, à l’époque des Croisades , sous l’égide des Ordres de Chevalerie . On lui attribut souvent la création , au-dessus de la Maçonnerie en trois degrés, d’un système de hauts grades. La chose est douteuse; mais le germe en était semé.


 


Les premiers hauts grades apparaissent vers 1743. La première manifestation notable de leur présence et de leur rôle fut semble-t-il la Loge Saint-Jean de Jérusalem , constituée en 1745 à Paris par le Comte de Clermont pour “ servir de modèle à toutes les loges du royaume” et les Maîtres Écossais avaient sur elles un droit de surveillance. Ainsi furent créer le loges dites “ filles de Clermont” . En 1749 apparaît le;premier grade chevaleresque, le Chevalier d’Orient .Des organismes spéciaux , aux ramifications importantes, sont institués par la suite pour la pratique des hauts grades écossais, qui ne cessent de se multiplier: Chapitre de Clermont ( 1754 ), dont l’existence fut assez brève, mais qui eut une branche en Allemagne, où nous retrouverons; Conseil Souverain des Chevaliers d’Orient ( vers 1756 ), Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident ( 1758 ).


 


Ce dernier où s’illustra le Frère Pirlet, joua un rôle capital comme foyer d’élaboration, par une sélection dans la multitude de grades venus de toutes parts.


Il y en avait 25.


 


 


En 1761, il donna à un de ses membres, Etienne Morin, qui partait pour Saint-Domingue, alors colonie française, une patente l’autorisant à créer des Loges et à répandre le Rite. Par l’usage extensif que Morin et, après sa mort à la Jamaïque en 1771, les inspecteurs mandatés par lui, notamment Henry Francken, firent de cette patente, le nombre de degrés de la hiérarchie échafaudée fut portée à trente -trois. De là naquirent les Suprêmes Conseils des Grands Inspecteurs Généraux du trente-troisième et dernier degré du Rite Écossais Ancien et Accepté: à Kingston ( Jamaïque ), le premier en date, dont les traces sont imprécises.


1801 marque l’apparition du rite sur la scène de l’Histoire, à Charleston aux États-Unis. Trois ans plus tard, il surgira à Paris. L’artisan actif de ces fondations fut le comte Alexandre-François de Grasse-Tilly, fils de l’amiral qui vécut à Saint-Domingue de 1789 à 1796.


Les Grandes Constitutions du Rite, datés de 1786, en attribuent la création au Roi de Prusse Frédéric II, mais ce n’est qu’une légende.


 


En 1875 se tint à Lausanne un Convent international du Rite où furent adoptés un Manifeste et une Déclaration de Principes qualifiant le Grand Architecte de l’Univers, de Créateur Suprême, et de Force Supérieure. Certains ont rejeté ces textes en fonction de leur formulation, d’autres au contraire y ont vu une marque de libéralisme et de tolérance. Mais tous, hormis les Suprêmes Conseils de Grande Bretagne, ont renoncé dans leur recrutement et dans leurs rituels aux strictes attaches chrétiennes.


 


LE MYSTÉRIEUX MAGOT DE JACQUES II STUART


 


Pour créer une structure maçonnique et faire éclore des Loges travaillant au Rite Écossais Ancien Accepté, il fallait de l’argent, beaucoup d’argent ! Certains croient savoir où les Stuart puisèrent leur pactole: dans le trésor de Jacques II !


Le 5 septembre 1701, Jacques II, le roi d’Angleterre détrôné par son gendre Guillaume d’Orange s’éteignait à Saint-Germain-en-Laye. Il avait vécu en exil dans le vaste château où Louis XIV l’avait généreusement accueili.


Peu de gens s’intéressent aujourd’hui à ce grand amiral converti au catholicisme, qui, certains l’assurent, fut un des précurseurs dans la Franc-Maçonnerie française, du Rite Écossais Ancien Accepté.


Ce qui n’empêchent par d’autres de venir interroger dans l’église Saint-Germain le mausolée de marbre blanc abritant sa dépouille. Il espèrent décrypter, dans le texte qui recouvre la pierre froide, des clefs cachées, aptes à les guider sur les traces d’un trésor perdu.


 


TRIEL-SUR-SEINE


 


C’est à quelques kilomètres de Saint-Germain-en-Laye, à Triel-sur-Seine, que le roi au malheureux destin aurait dissimulé d’immenses valeurs.


Depuis bientôt trois siècles beaucoup espèrent retrouver le fabuleux magot caché par Jacques II. On comprend l’impatience de ces derniers, lorsque l’on sait qu’il comporte entre autres, une couronne royale avec ses diamants, ses bijoux et ses lingots d’or.


Jacques II aurait résidé quelque temps à Triel dans un couvent aujourd’hui disparu, et c’est lors de son séjour qu’il aurait dissimulé personnellement la couronne. Des chercheurs avertis avancent que le dépôt constituerait en trois coffres contenant respectivement des lingots, la couronne et les bijoux, et de nombreuses monnaies d’or.


Le trésor de Triel se rattache à de curieux récits dont les pistes aboutissent à l’église Saint Martin.


Les Triellois raconte volontiers qu’un souterrain part sous l’église qui la reliait jadis à l’ancien château aujourd’hui rasé.


Les mieux informés assurent qu’il existe une crypte secrète, sous le choeur de l’église actuelle. C’est dans cette crypte que dormiraient les valeurs cachées au XVIIe siècle.


Pour le visiteur, l’église Saint Martin apparaît à la fois comme très belle et très surprenante. Elle enjambe une route, et semble faite de plusieurs éléments qui ne sont pas dans le même axe.


 


UN MONUMENT QUI PORTE LES GRANDES MARQUES DU XIIIe ET XIVe SIÈCLES


 


Si Saint Martin mérite d’attirer l’attention par son architecture, la belle série de vitraux qu’elle renferme n'est pas moins intéressante à examiner...surtout pour les chercheurs de trésors, auxquels nous conseillerons d’étudier avec attention le Martyre de Saint-Sébastien et la résurrection de Lazare.


 


Toutefois, que ces derniers ne quittent pas l’église de Triel sans avoir salué la statue d’un lévite juif, qui semble un peu perdue dans la vaste nef. Coiffé d’une couronne, ceint de l’éphod, et portant le pectoral sacré, ce gardien du Temple joue en ces lieux le rôle de Veilleur. De celui qui met sur la voie...

 

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